Ce matin en Provence, l’air est doux, le soleil a encore la clémence printanière, c’est le temps idéal pour une promenade dans les pierres, comme dit mon amie Irène. Alors je l’appelle, et je lui propose une petite randonnée citadine. Elle vient d’arriver en Terre d’Argence, et je sais qu’il y a encore mille et un coin à lui faire découvrir. Le temps de prendre un pull léger, et me voilà guide touristique.

Beaucaire, Ville d’Art et d’Histoire

Accoudée sur les remparts du château, Irène découvre la vue sur des paysages où vignes et vergers côtoient villages et hameaux. Pour commencer notre visite, je l’ai amenée au Château de Beaucaire. Après une visite du musée, où Irène a appris que la ville était autrefois une des plus riches de France, on a fait quelques pas dans le joli parc aux essences méditerranéennes, puis nous sommes descendus vers le centre.

Quelle belle vue ! C’est vraiment magnifique ! 

Comme j’avais un peu potassé le sujet, j’ai pu montrer à mon amie les belles façades beaucairoises, derrière lesquelles de riches commerçants faisaient négoces dans ses somptueux hôtels particuliers. Il y a des dizaines de détails à observer, comme ces anneaux auxquels on accrochait de larges toiles, pour faire de l’ombre.

Avant d’aller manger, je lui ai fait découvrir aussi l’église Notre Dame des Pommiers et sa frise romane. Comme moi, Irène a été touchée par la beauté du lieu. C’est vrai qu’il y a de la magie dans cette église…

L’herbe du curé

Puisque nous étions déjà dans le sacré, nous sommes montés à Vallabrègues, où je n’ai pas pu résister au plaisir de montrer à mon amie le Presbytère, avec sa drôle de tour hexagonale. “C’est amusant”, a dit Irène, “nous venons de faire un saut du Baroque vers la Renaissance. Tu me fais voyager à l’envers dans le temps !”. Ça l’amusait, visiblement. Elle est rigolote, Irène.

Retour vers le passé

Comme ça avait l’air de la divertir, on est partis encore plus loin en arrière, direction le 12ème siècle ! Irène connaissait déjà la Chapelle Saint-Laurent, à Jonquières St Vincent, et elle était d’accord pour pique-niquer à ses pieds, dans le champ de coquelicots. Pendant la petite sieste dégustative, j’ai rêvé que j’étais l’empereur romain Claude, et que je voulais récupérer les bornes milliaires qui soutiennent la voûte de la chapelle. Irène, en toge, m’en empêchait.

Je n’ai pas osé lui raconter mon rêve ! On a repris la route, on papotait tranquillement, quand soudain mon amie m’a demandé quel était cet édifice, là-haut, sur la colline. Je lui ai dit que ce qu’elle voyait était la Tour de la Madone, à Bellegarde, et j’ai commencé à lui raconter son histoire.

Les Croisades, les Huguenots, Notre Dame de Bellegarde… Mais Irène ne m’écoutait pas vraiment. Elle avait le regard un peu perdu dans ses songes, alors pour clore cette paisible journée en accord avec le bleu de ses yeux, j’ai garé la voiture à l’entrée de Fourques, et main dans la main Irène et moi avons traversé le Pont Suspendu. C’était terriblement romantique, comme toujours...