Parfois, quand je me balade dans les vergers de la Terre d’Argence, je pense à ma grand-mère. Quand j’étais petite, on allait chaque année cueillir des cerises et des abricots, avec de jolis paniers confectionnés par son père. Ma grand-mère s’appelait Mireille, elle était fille de vannier.

Des voyages de vanniers

Tous les ans, quand elle m’amenait à la Fête de la Vannerie à Vallabrègues, ma grand-mère me racontait la même histoire. Celle des vanniers qui quittaient leur village, tous les ans, pour aller cueillir l’osier en Camargue. A l’époque, presque un tiers des habitants partait ainsi chercher le précieux matériel ! Aujourd’hui, en ce 2ème week-end du mois d’août, ce sont les vanniers du monde entier qui viennent à Vallabrègues, célébrer et faire découvrir leur artisanat.

En mémoire de ma grand-mère, je me joins à eux. Je participe au joyeux défilé à travers le village, habillé en véritable Arlésienne. Mes amis et moi préparons ce défilé depuis un an. Certains revêtent le costume traditionnel du gardian, des copines deviennent lavandière, et tous traversons le village à pied, à cheval ou sur un vieux vélo, jusqu’à la place principale.

Le vannier du village

En chemin je croise “notre” vannier, celui qui s’est installé chez nous en Provence il y a quelques années déjà. En ce moment je fais un stage, chez lui. Il m’enseigne l’art de reconnaître les différentes espèces de roseaux, et de les tresser pour en faire des garbolles, des valisettes et des charmottes, tous ces objets qui servaient de contenants pour les agriculteurs et leur marchandise, avant l’invention du plastique.

“La prochaine fois, nous ferons un panier à anguille !” me dit-il. “Va voir au Musée à quoi ça ressemble, pour te donner des idées !”

Mémoire de vannerie

Le Musée de la Vannerie… Quand j’étais petite mon grand-père y passait tous les jours, quand il allait au marché. Je l’accompagnais toujours, quand j’étais chez mes grands-parents. J’ai toujours été fascinée par l’inventivité et la créativité de ces artisans vanniers !

Au musée ils ont réussi à trouver, et à exposer, de nombreux objets parfois quotidiens, souvent insolites, d’autres plus mystérieux, et tous faits en osier ! Et pour chacun, mes grands-parents connaissaient une histoire, une légende, un détail amusant… Mon histoire préférée, c’est celle de ce collectionneur breton qui a fait don au musée de son impressionnante collection. Allez, c’est décidé : demain, je fais un panier à cerise, pour aller au marché !