Les copains qui débarquent du Nord ont clairement annoncé la couleur : eux, ils veulent de l’eau ! Ils pensaient voir la mer, mais nous, on avait envie de leur faire découvrir la Camargue, notre Camargue !

Alors on leur a concocté une petite surprise parfaite pour qu’eux aussi tombent amoureux de la Terre d’Argence, comme nous il y a cinq ans, lorsque nous sommes venus vivre et peindre ici. Le rapport avec l’eau ? Et dans le canal du Rhône à Sète à votre avis, qu’est-ce qui coule ?

En bateau…

On a opté pour un bateau sans permis, et on en a loué un pour le week-end. C’est sympa, et facile : Il suffit de se renseigner au Port de Bellegarde ou de Beaucaire. Nous avons mis le cap direction l’étang de Thau. C’est quand même bien pratique, ce Canal du Rhône à Sète ! Ça permet d’aller directement chercher les huîtres à Bouzigues.

En chemin, on s’est arrêtés où bon nous semblait, histoire de faire le plein des succulents produits locaux dans les petites localités de la région. On avait pris les vélos, c’était parfait ! Le soir, on a pris l’apéro sur le pont, avec vue sur la colline de Sète et coucher de soleil inclus… C’était magique !

… à table…

On a dormi, bercé par le clapotis de l’eau sur notre péniche, et on a décidé de rentrer tranquillement à Bellegarde, pour manger sur le port. Heureusement que nous avions réservé, avec ce temps de printemps précoce, la terrasse était pleine !

Jean nous a raconté qu’à l’époque de Saint-Louis, le réseau de canaux et de marais qui entoure Bellegarde avait été aménagé pour transporter le sel, et toutes ces marchandises qui voyageaient en radeaux. On appelait ce réseau la Roubine Royale, nous explique-t-il. Est-ce qu’on l’écoutait vraiment, Jean ? Pas sûr ! Je crois que nous étions tous concentrés sur les plats qui arrivaient.

… et à plumes !

Ils voulaient voir de l’eau, on peut dire qu’on les a servis ! Après le repas, on avait encore un peu de temps, alors on est remonté sur le bateau, cette fois à la découverte de la flore et de la faune locale, au rythme délicieux d’une poignée de kilomètres par heure, à peine. On était tous un peu en mode sieste, c’était parfait.

On a pu profiter d’un spectacle coloré sans bouger de nos fauteuils en bois. Surtout Anne, la plus parisienne de tous, qui s’émerveillait à chaque fois que nous dépassions un troupeau de taureaux ! Il faut dire que nous avons eu de la chance, on a même vu des ibis, quelques flamants, des aigrettes, bien sûr…

A un moment, deux chevaux Camarguais d’un blanc éclatant se sont livrés à une folle course sur la berge, on aurait dit qu’ils voulaient dépasser notre paisible embarcation. Nos amis étaient enchantés par leur séjour, et même nous, nous avons eu l’impression de redécouvrir “notre” Terre d’Argence...