Découvrez l’histoire particulière du village de Jonquières-Saint-Vincent à travers un parcours jalonné de 11 panneaux sur le thème de l’eau. Rendez-vous placette Saint-Vincent (jouxtant la rue des Costières) à Jonquières-Saint-Vincent pour le départ de cette balade bucolique d’environ 11 kilomètres. Un sentier d’interprétation « Au fil de l’eau » qui permet d’allier balade et savoir !

Recommandations pour profiter de ce joli sentier d’interprétation :
- Avant de vous engager sur un circuit, vérifiez s’il est adapté à votre activité et à votre niveau. De préférence, ne partez pas seul.
- Surveillez la météo : les violents orages et les crues soudaines peuvent être dangereux.
- La chasse est une activité traditionnelle de nos villages. Les battues en cours sont signalées par des panneaux. Pour votre sécurité, ne vous aventurez pas sur les sites de chasse.
- Veuillez respecter les usages, les propriétés et les animaux. Pour cela, veuillez rester sur les sentiers balisés, refermer les portillons et ne pas effrayer ni nourrir les animaux.
- Respectez les sites naturels et la règlementation. Veillez à remporter vos déchets.
- Pour votre sécurité et celle d’autrui, ne transportez pas et n’allumez pas de feu.
Merci et bonne promenade à Jonquières-Saint-Vincent !
Découvrez le sentier d’interprétation « Au fil de l’eau », étape par étape :
1. La Fontaine de Saint-Vincent

La fontaine de Saint-Vincent est construite en 1853. Elle permet d’approvisionner en eau toute l’année le hameau de même hameau depuis la source de Font Rédoune ou Redonne.
Cette fontaine est déplacée de quelques mètres en 1862 et reconstruite lors des travaux de rénovation de l’église attenante. Sont alors apposés deux dauphins en fonte de chaque côté du fût central.
Image : Fontaine de Saint-Vincent
2. Le captage de Féreignes
Le village de Jonquières-Saint-Vincent est alimenté en eau par trois sources : Font Rédoune (Redonne), Font du Prat et Font Couverte. A la fin du XIXe siècle, leur débit ne répond plus aux besoins de la population et expose celle-ci aux épidémies par leur positionnement en surface et aux risques de contamination par les eaux de pluie.
Pour remédier à cela, la commune fait l’acquisition en 1939 d’une parcelle sur laquelle on procède à un forage concluant.
Image : Coupe schématique du captage des Féreignes


En 1951, la station de pompage des Féreignes est mise en service. L’eau de cette nappe alimentait le château d’eau bordant l’actuelle route départementale reliant Beaucaire à Nîmes. D’une hauteur de 20 mètres, son réservoir sur tour avait une capacité de 260 m3. Sa mise en service en 1951 permet l’arrivée de l’eau courante dans toutes les maisons du village. Réhabilité en 2001, ce château d’eau n’est plus en service depuis 2012. Des pompes neuves ont été installées pour prendre le relais. La station de pompage alimente toujours le village en eau.
Image : Le château d’eau de Saint-Vincent
3. Le canal des Costières et le château d’eau de la Boissière
En créant la compagnie du Bas-Rhône et du Languedoc, Philippe Lamour souhaite, par l’aménagement de canaux, aider l’agriculture régionale à se diversifier. A partir d’une prise d’eau au Rhône en amont de Fourques, le canal principal arrive aux portes de Montpellier.
La dérivation qui concerne la commune de Jonquières-Saint-Vincent porte le nom de canal des Costières et aboutit sur le site de la Boissière. Le chantier d’installation des conduites entraine quelques oppositions vite reléguées au vu des bénéfices agricoles générés par l’abondance de l’eau.
La culture de quelques variétés de cerises et de la vigne constituaient l’essentiel des récoltes du village. L’arrivée de cette nouvelle ressource permet aux agriculteurs de planter une grande variété d’arbres fruitiers procurant des récoltes étalées sur une longue période de l’année.
Un château d’eau labellisé « Patrimoine du XXème Siècle »


Le château d’eau de la Boissière a été édifié en 1960. Labellisé au titre du patrimoine du XXème siècle, cet ouvrage de génie civil, est l’œuvre de Guillaume GILLET architecte d’envergure nationale, spécialiste du béton armé. Lauréat du concours pour la construction de quatre châteaux d’eau (Saint-Gilles, Bouillargues, Redessan et Jonquières-Saint-Vincent), sa proposition innovante intègre l’architecture contemporaine aux paysages qui l’entourent alliant fonction et esthétique.
4. La source Font Couverte

C’est la source mère qui a longtemps alimenté le village de Jonquières : la fontaine principale, le lavoir, les abreuvoirs et les bornes-fontaines.
Dans un projet de 1855 de lavoir et fontaine à Jonquières, il est mentionné que les conduites sont détériorées car elles datent de plus de 80 ans (1785). Il est décidé de renforcer le débit de la même source mère par l’adjonction de deux autres sources voisines : la font du Roustisseur et la Font de Prat et d’amener l’eau dans un réservoir de 6 m3 construit en bordure de la route Beaucaire-Nîmes.
Image : Réservoir 1 (1855)
En 1893, un projet d’agrandissement du lavoir de Jonquières et la construction de nouveaux abreuvoirs nécessitent des captages supplémentaires pour renforcer la source mère. En 1905, un nouveau réservoir d’une capacité de 35 m3 est construit à quelques mètres de l’ancien.
L’abondance de l’eau dans ce secteur a favorisé l’installation de jardins pour l’approvisionnement des familles et des moments de détente à la fraîcheur des lieux.
Image : Réservoir 2 (1905)

5. Font de Tavie
La source pérenne a donné son nom au lieu-dit. Des fouilles archéologiques ont mis à jour une concentration de céramiques et pièces de monnaie :




Elles attestent d’une occupation de ce site pendant l’Antiquité (principalement entre le Ier siècle avant et le IIIème siècle après notre ère).
Niché sous les frondaisons de platanes centenaires, ce site de la fontaine de Tavie invite à une pause rafraîchissante.
Image : Illustration générée par l’IA d’un pique-nique à l’ancienne

Continuez votre balade sur le sentier d’interprétation « Au fil de l’eau » et découvrez toute l’histoire de Jonquières-Saint-Vincent.
6. La Palud – Les roubines – La grande martelière
Entretenu par les habitants, un réseau de roubines existait en 1711. Les parties basses étaient un bien communal dont l’usage était partagé entre les habitants lorsqu’elles n’étaient pas inondées. Par gravitation naturelle, toutes les eaux de ruissellement s’écoulaient dans la Palud formant un marais quasi permanent. Une faille naturelle dans le massif de Triple-Levée, le trou de l’orgne permettait aux eaux de l’étang de s’écouler en partie.
Image : La grande martelière du valat


Après plusieurs projets non aboutis au début du XIXème siècle, une commission de notables locaux décide en 1843 de financer et d’exécuter des travaux d’assèchement. L’Association syndicale du marais est constituée en 1845. Le tunnel d’évacuation des eaux est creusé en 1850 et les travaux terminés en 1861.
Image : Plan du tracé du grand valat et du tunnel de Comps
Depuis 1965, les eaux des étangs de Campuget (Manduel) et Redessan sont acheminées vers le tunnel dit « de la grande martelière » et évacuées vers la station d’exhaure de Comps où elles rejoignent le Gardon.
7. La chapelle Saint-Laurent, une étape bucolique du sentier d’interprétation « Au fil de l’eau »
Construite à la fin du XIe siècle, la chapelle Saint-Laurent est le dernier vestige d’un hameau de pêcheurs du même nom, situé au bord de l’étang de la Palud, asséché en 1845.
Cet édifice est remanié au XIIe siècle, détruit au XVIIe siècle et restauré aux XIXe, XXe et XXIe siècles. A l’intérieur, deux bornes milliaires datant de l’empereur Claude (41 de notre ère) servent de piliers à l’arc triomphal du chœur. Leur présence et les inscriptions latines encore visibles sur celles-ci nous rappellent que le village se situait à proximité de l’antique route Via Domitia, reliant l’Italie à l’Espagne.
Image : Bornes milliaires – Chœur de la Chapelle Saint-Laurent

Jonquières Saint Vincent : un nom qui coule de sources
Comme la zone marécageuse de la Palud autrefois située à Saint-Laurent, l’ensemble du territoire était parcouru de marécages nourris par de nombreuses sources naturelles. Les armoiries de la commune rappellent cet héritage aquatique et végétal : le nom de Jonquières provient du latin joncariae, signifiant « joncheraies », ces terrains humides où prospèrent les joncs. Quant à Saint-Vincent de Cannois, il pourrait faire référence aux cannes abondantes autrefois utilisées pour la couverture des toitures.
Cette présence constante de l’eau se reflète encore aujourd’hui dans la toponymie locale, à travers quelques noms de lieux-dits évocateurs : Font de Tavie, Font Couverte, Fontanille ou Font Rédoune…

Blason de Jonquières-Saint-Vincent
D’argent (gris) à la botte de joncs de sinople (vert), liée d’or (jaune), avec ces inscriptions en flancs L’EN TIENS à dextre (à droite) et DEUX MILLE à senestre (à gauche) en lettres capitales de sable (noir), accompagnée de trois ombres.
Visitez la Chapelle Saint-Laurent
8. Les jardins aménagés
La présence de l’eau dans ce quartier bas du village a favorisé l’implantation de nombreux jardins familiaux. Des puits alimentaient les cultures maraichères. On y cultivait d’abord des pommes de terre, base de l’alimentation de l’époque et tous les légumes entrant dans la réussite d’une bonne ratatouille que les jonquiérois appelaient « bohémienne ». Les légumes de la soupe d’hiver y avaient également une bonne place.
Dans les années à venir la réalisation d’un projet de jardins partagés dans ce lieu permettra à des jardiniers chevronnés et débutants d’échanger leurs semis et leur savoir-faire et de goûter au plaisir de consommer leur production.
Image : Pompe et jardin potager


Cette ancienne pompe à main a été retrouvée lors de travaux de débroussaillage de cette parcelle. Mobile, elle permettait de puiser l’eau et de faciliter l’arrosage des jardins privés.
De l’autre côté du chemin se trouve la station d’épuration, pièce essentielle dans le traitement des eaux domestiques, construite en 1990 en réponse aux besoins d’une population en augmentation. Elle remplace la première station créée dans les années 70 lors de l’installation du tout-à-l’égout dans la commune.
Image : Pompe à main
9. L’abreuvoir de Cérès, votre prochaine étape du sentier d’interprétation « Au fil de l’eau »

En 1860 le conseil municipal de la commune commande une statue de Cérès, déesse de l’agriculture et des moissons, au sculpteur beaucairois Cartailler pour agrémenter la fontaine de la place publique du village. Elle porte un bouclier représentant les armoiries de Jonquières-Saint-Vincent et une grappe de raisin rappelant l’attachement du village à la culture de la vigne.
Déplacé ici lors de la construction de l’hôtel de ville et du réaménagement de sa place attenante en 1903, cet abreuvoir est l’un des nombreux points d’eau et bornes fontaines qui servaient aux besoins des animaux et de la population.
Image : Statue de Cérès
Le maire Théophile Michel fait édifier une fontaine monumentale surmontée d’une statue en bronze face à la nouvelle mairie. Démolie pour cause de vétusté elle est remplacée en 1987 par une fontaine contemporaine puis la fontaine actuelle de 2015 que vous verrez en traversant la place de l’hôtel de ville.




10. La salle du lavoir
Le premier lavoir de Jonquières se situait sur la place du village. En 1855 un projet prévoit son déplacement de quelques mètres en bordure de la place. Un nouveau lavoir est construit près des arènes actuelles en 1894. Il sera détruit à partir de 1974 pour l’aménagement d’une salle municipale de sport.
Image : Ancien lavoir public des Aires


Pour faire face aux besoins de la population grandissante, un deuxième lavoir est construit (au bord de la rue actuelle des Moulins) en 1905. Il a été transformé en salle municipale en 1995-96 mais sa taille et sa structure générale sont encore identifiables.
Vous allez maintenant regagner votre point de départ en longeant une partie du Grand Valat.
Image : Bugadières se rendant au lavoir
11. Le lavoir de Saint-Vincent
Dernière étape du sentier d’interprétation « Au fil de l’eau », l’histoire continue à Jonquières-Saint-Vincent.
En 1861, le lavoir existant est rebâti sur les plans de l’architecte REVOIL sous le mandat d’Auguste Faucher. Sans abri et exposé à toutes les intempéries, il est situé sur le lit du Grand Valat, obstrué régulièrement par les boues et les graviers au moment des orages.
En 1894 il est déplacé parallèlement au ruisseau, agrandi, couvert et abrité du vent du Nord par un mur. Le lavoir a été intégralement restauré en 2009 dans le cadre d’un chantier d’insertion.
Avant l’arrivée de l’eau courante dans les foyers, le lavoir était un lieu essentiel de la vie quotidienne. Les femmes du village s’y retrouvaient pour faire la bugade, la grande lessive traditionnelle.
Le linge était d’abord bouilli dans une grande lessiveuse – une sorte de marmite en métal – avec de la cendre de bois ou du savon de Marseille. Ensuite, à l’aide de brouettes ou de grands paniers, on transportait le linge jusqu’au lavoir, où il était frotté, battu, rincé puis essoré avec patience et savoir-faire.
Image : Une bugadière avec son battoir

Au-delà de sa fonction pratique, le lavoir était aussi un lieu d’échanges et de convivialité. On y partageait les nouvelles du village, les confidences et parfois quelques potins. C’est de cette vie collective qu’est née l’expression « Laver son linge sale en famille », autrement dit, régler ses affaires en privé plutôt que s’exposer au grand jour.
Le sentier d’interprétation « Au fil de l’eau » s’achève ici, nous espérons que cette mise en avant du patrimoine sur le thème de l’eau vous a plu !
Ce sentier d’interprétation « Au fil de l’eau » a été créé par la Mairie de Jonquières-Saint-Vincent en collaboration avec la Communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence et la Frédération française de randonnée du Gard.