L'histoire de la vannerie de Vallabrègues

Connaissez -vous l'histoire de la vannerie, cet artisanat pratiqué dans le village de Vallabrègues ? Toutes les explications historiques : le travail dans les ateliers, la banaste.

mis à jour le 12/03/2021 par Terre d'Argence Tourisme

La canne

La canne est une matière première récoltée autour du village, encore de nos jours. C'est la canne de Provence qui pousse sur les canniers en bordure des champs ou des routes. Elle est coupée l'hiver, elle est raclée par les femmes, en plein air. Avant d'être travaillée, elle est fendue en 4 branches, c'est un travail dangereux. Ces objets rentrent dans la catégorie de la vannerie ronde.

 
La banaste

Arrêtons-nous quelques instants sur cet objet, spécialité de Vallabrègues qu'est la banaste. Déjà, au XVe siècle, nous l'avons vu, Vallabrègues était réputé pour fabriquer les banastes, et le vannier était appelé banastié. La banaste est l'emballage qu'utilisaient encore, il y a quelques dizaines d'années, les agriculteurs pour expédier leurs cerises. Il fallait voir cet alignement de banastes toutes pleines de cerises rouges sous les arbres du marché de la Calade ! Une botte d'osier était nécessaire pour fabriquer 3 paires de banastes de 24 pouces.
Durant la fête de la vannerie, on accroche les anciennes banastes dans les rues comme décoration.

 
L'ouvrage

Deux éléments essentiels entrent en ligne de compte dans un ouvrage de vannerie: l'armure ou armaturo c'est la chaîne d'un tissage, en vannerie, ce sont les montants avec les brins verticaux que l'on voit quand le panier se forme. Elle est formée des brins appelés les montants ou mountant, à cause de leur position verticale.
La clôture ou clousesoun, la trame d'un tissage, sont les brins mobiles et actifs qui s'enchevêtrent plutôt horizontalement pour monter le panier.
Un ouvrage de vannerie comporte trois parties essentielles : le fond, lou founs, le corps, lou cors, l'ouverture, la gulo. On peut y ajouter les anses, li maniho, un couvercle, lou curbecèu.
On distingue les ouvrages de grosse vannerie et ceux de la vannerie fine.
Dans la grosse vannerie, plusieurs catégories : Les paniers et corbeilles, les gourbins, les banastes, les bressets ou redelets, les poissonnières, les nasses, les dames-jeannes. Mais aussi les paniers qu’ils soient ronds, longs ou ovales. Le panier sert surtout pour la cueillette des fruits, panier à cerise encore utilisé dans le village, le panier à olives demandé dans les Alpilles. Le panier, objet le plus connu en vannerie, à l'origine utilisé pour conserver le pain, est un ouvrage de faible dimension, muni d'une grande anse.

 
L'atelier de  vannerie

Décrivons l'ambiance qui régnait dans les grands ateliers, chez VANEL-BOYER, chez CROUZET ou à L'ARTISANE, par exemple. D'abord, il y avait l'atelier des hommes et celui des femmes, peut- être moins par sexisme que par le fait que les productions étaient différentes.
Les femmes ont commencé à entrer dans la profession pendant et après la première guerre mondiale, à cause du manque de main - d'oeuvre constituée jusqu'ici par les hommes. Elles étaient spécialisées dans la vannerie fine, ouvrages de petite taille avec des brins fins, nécessitant une plus grande agilité mais moins de force, songeons aux valises de toilette ou de voyage, à la mode à l'époque, aux dessus de bonbonnes. Elles rébondaient aussi comme on disait à Vallabrègues, c’est-à-dire qu’au moyen d’un couteau spécial, elles enlevaient les brindilles et refendaient les cannes. Ce travail se faisait en groupe soit dans l’enclos soit dans la rue directement.
Les hommes travaillaient plutôt la grosse vannerie avec des brins de forte taille demandant plus de force pour le tressage, comme les banastes, les paniers, tout ce qui servait d'emballage pour la pêche ou l'agriculture régionale. En parlant de force, il faut savoir qu'un bon vannier se reconnaît à la taille de son pouce. " Quand ton pouce couvrira un écu de 5 francs, tu seras un vannier " avait-on coutume de dire à l'apprenti. Le pouce est resté une unité de mesure pour les ouvrages de vannerie, on parle d'une valise de 14, 16, 20 pouces ; mais le pouce de vannier diffère légèrement, presque de 2 mm de plus, de l'ancienne mesure française. Et pour cause, le pouce du vannier est plus gros car c'est le doigt de la main qui travaille le plus!

 
Le travail des hommes et celui des femmes

La grosse vannerie est surtout le travail des hommes, une production essentielle pour la vannerie de Vallabrègues qui a eu des difficultés à se reconvertir quand la demande a diminué à cause de la concurrence d'autres matières premières. 
La vannerie fine, un travail essentiellement féminin, réalise surtout des produits carrés comme les malles de voyage, les valises de toilette, des objets très demandés au début du siècle dernier avec le développement des voyages en chemin de fer. A Vallabrègues, c'était la production des ateliers de filles ou d'ateliers spécialisés dans ce domaine comme l'Atelier Crouzet- Claverie venu d'Aramon en 1911. L’atelier de Marcel Vanel s’est aussi orienté vers la vannerie de fantaisie et vannerie d’art. Il suffit de regarder les illustrations de ces ouvrages montrées dans les documents annexes pour se rendre compte de la grande variété des objets fabriqués à Vallabrègues ou parfois seulement vendus dans les magasins des vanniers du village.

 
L'ambiance à l'atelier

Ecoutons Charles Thome dit "Babé ", 96 ans à l’époque, certainement le doyen des vanniers français qui travaillait chez Crouzet avec Marceau Equin, Gervais Niquet, Pierre Nini, Victorin Fontanier, Marius Lacroix, Sylvain Mangin, dit le Grand Mangin ..." J'ai commencé à travailler à 16 ans, ça remonte en pleine première guerre mondiale, en 1916. On faisait 30 banastes par semaine, en moyenne, tout dépendait de la qualité de l'osier ... et de l'habileté du vannier. Le lundi, le patron distribuait les bottes d'osier pour la semaine, on annonçait ce qu'on allait fabriquer, la "taxe" et on était payé au nombre de pièces réalisées le samedi midi. Parfois, on avait été trop prétentieux soit qu'on avait moins bien travaillé, soit qu'on avait été à la pêche, soit que l'osier avait été plus dur à travailler. Dans l'atelier, régnait une bonne ambiance."
" Je gagnais ma vie dans les douze pouces" nous explique Emilienne Monleau, qui faisait des valises de toilette de 12 pouces à l'atelier des filles chez Vanel. Ce type de valise se faisait en deux heures, une heure pour la caisse, une 1/2 heure pour le couvercle et autant pour le fond. Henri Vanel en épousant Marie Boyer devient le patron de l'atelier VANEL - BOYER. Chez les filles une quinzaine, dont Emilienne Monleau, dite Titine, Eliette Vanel, Julette Monleau, Audette Raymond... ." On chantait tout en travaillant et en faisant des blagues aux garçons qui travaillaient à côté; par exemple lou Nisan a cru que sa tête avait gonflé après le travail parce que les filles s'étaient amusées à serrer le ruban de son chapeau! " nous raconte Emilienne qui a travaillé dans cet atelier de 13 à 25 ans. Le patron, Henri Vanel, maire de la commune sous le Front Populaire et à la Libération, leur prêtait des livres de Zola, de Victor Hugo, de Baudelaire, de J-J Rousseau et d'autres. On parlait politique aussi, surtout dans l'atelier des hommes.

Merci à notre historien Georges Sudres pour ce magnifique reportage.


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